Le grand et long voyage du pape Léon XIV en Algérie, au Cameroun, en Angola puis en Guinée Équatoriale, tout africain que soit son parcours, a une portée universelle. Dans quatre pays gouvernés par des régimes autoritaires, il a dénoncé sans ménagement les « despotes et tyrans du corps et de l’esprit » et encouragé les populations – notamment les chrétiens – à défendre leurs droits et à s’engager : « la foi ne sépare pas le spirituel du social. Au contraire, elle donne au chrétien la force d’interagir avec le monde, pour répondre aux besoins des autres, en particulier des plus faibles ».
Message résonnant au-delà des frontières, car les propos du Pape s’adressaient également aux pays ou aux multinationales, puissants et riches, qui exploitent à leur profit les richesses de l’Afrique. Pour lui
en effet, comme pour François, « tout est lié » : pour construire la paix, il faut oser la « réconciliation profonde des coeurs », cesser de faire passer « l’intérêt de son camp avant le bien commun », « lutter contre les ravages environnementaux et sociaux causés par la course
aux matières premières et aux terres rares », « briser les chaînes de la corruption »… Et maîtriser, sujet capital pour lui, les conséquences du développement de l’intelligence artificielle.
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