Ne pas laisser tomber l’Afghanistan
Chaque année depuis 24 ans, le Conseil de sécurité des Nations Unies renouvelle le mandat de sa Mission d’assistance en Afghanistan (MANUA). Mais cette année, les USA l’ont remis en question, comme ils le font quasi systématiquement pour les missions et agences des Nations Unies. La Mission pourrait ainsi être supprimée le 17 juin.
Et pourtant, les Nations Unies sont la seule organisation internationale encore présente dans ce pays martyrisé et appauvri par les Talibans au pouvoir. Les hôpitaux, les centres de santé, les écoles, les services de base ne fonctionnent plus pour la plupart. Depuis août 2021, date de la prise de pouvoir des Talibans, le pays connaît un déclin économique généralisé, une hausse massive de la pauvreté, l’affaiblissement des médias et de la société civile. Le pays est aussi fortement impacté par le dérèglement climatique, avec sécheresses et inondations répétées. La pénurie d’eau est dévastatrice et participe à une insécurité alimentaire aigüe qui touche un tiers de la population. La tension avec le Pakistan en octobre 2025 a fait rentrer de manière contrainte plus de 450.000 Afghans y ayant trouvé refuge, aggravant encore la situation.
La MANUA soutient la paix, la stabilité, les droits humains et la coordination entre les acteurs internationaux. Si elle devait se retirer, le pays sombrerait encore plus, et la misère et la violence institutionnelle se renforcerait, en particulier à l’égard des femmes et des filles. La situation des femmes et des filles afghanes reste désastreuse. Les filles n’ont pas accès à l’enseignement secondaire et supérieur, et les femmes sont soumises à de sévères restrictions en matière d’emploi et de mobilité. Pourtant, elles continuent de s’engager, de s’adapter et d’innover partout où elles le peuvent. Si la MANUA s’en va, le pays risque de s’enfoncer davantage, ce qui entraînera une augmentation de l’émigration, la menace du terrorisme et la croissance du narcotrafic.
Pour continuer à soutenir celles et ceux qui en ont le plus besoin, et pour la stabilité de la région et au-delà, elle doit rester. Espérons que les USA garderont raison, et que la communauté internationale trouvera les ressources nécessaires pour aider les Afghans à survivre malgré tout.





