Pour les Mélanésiens qui l’habitent depuis des millénaires, c’est le Kanaky.

Pour les français de métropole, c’est un territoire d’outre-mer, avec son statut particulier qui lui accorde beaucoup d’autonomie. Mais c’est aussi, et en particulier pour les dirigeants français, un des signes de la grande puissance française dans le monde.

Pour des raisons aujourd’hui essentiellement géopolitiques (garder la Chine à distance et posséder des eaux territoriales immenses), les autorités semblent vouloir en faire un territoire définitivement partie intégrante de la France. Les Mélanésiens s’opposent à cette vision qui les éloigne de leur souveraineté.

Le projet de réforme électorale a rallumé les braises d’un conflit refoulé. Et le transfert et l’incarcération en métropole de leaders indépendantistes plus radicaux ne peuvent manquer de rappeler ceux du général haïtien Toussaint Louverture emprisonné au fort de Vaux ou en sens inverse ceux de militants kabyles réclamant l’indépendance et envoyés en Nouvelle Calédonie.

On peut craindre d’y voir le signe d’une résurgence coloniale. L’avenir du Kanaky peut encore être pensé de manière harmonieuse entre les leaders mélanésiens traditionnels et la puissance coloniale pour un pays souverain associé à la France.

Encore faut-il commencer à écrire cette nouvelle page.

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Aujourd’hui, la vie avec des musulmans concerne beaucoup de chrétiens. Lors de l’assemblée des évêques à Lourdes en novembre 2012, Mgr Michel Dubost constatait que l’Eglise catholique en France manque de personnes suffisamment formées pour savoir se situer de manière juste avec des musulmans, entrer en relation avec eux, aider les jeunes chrétiens à vivre et exprimer leur foi.

Parmi les 5 millions de musulmans vivant en France, près de la moitié sont français. Cette session comprend trois aspects : une approche de l’Islam, histoire, textes fondateurs, foi, conception de l’homme ; regards chrétiens sur l’Islam ; questions posées par la rencontre avec le monde musulman notamment en France.

Présence religieuse en banlieue : de la solidarité de proximité à la solidarité internationale

 

Le 28 janvier dernier, Justice et Paix a organisé, comme chaque année, une journée avec les commissions Justice et Paix des Instituts Religieux. Le thème en fut défini en fonction d’un nouveau chantier, qui démarre au sein de Justice et Paix, sur la présence religieuse en banlieue comme expérience de solidarité internationale. En fait, plusieurs congrégations sont aujourd’hui présentes dans ces quartiers périphériques, habitant parfois au milieu même des cités, avec des modalités différentes de présence et d’action. Or, la banlieue est en général un lieu marqué par une forte présence des populations d’origine étrangère. La solidarité de proximité vécue dans ce milieu populaire devient ainsi une forme de solidarité internationale. La découverte réciproque entre des cultures différentes permet de construire une communauté de destin, non seulement à l’échelle locale et nationale mais également au niveau international. Des interdépendances se tissent  à travers la présence et les projets en banlieue. L’objectif de ce nouveau chantier consiste à creuser le lien entre ces deux types de solidarité et à mettre en évidence une autre forme de solidarité internationale que celle de l’aide classique au développement.

Le 28 janvier dernier, une centaine de religieux et de religieuses ont participé à cette réflexion. Le matin, on a entendu les témoignages sur quatre expériences associées à quatre congrégations différentes (Petites Sœurs de Jésus, Petites Sœurs de l’Ouvrier, Frères de Ecoles Chrétiennes et Jésuites). Les quatre témoins ont ensuite échangé autour d’une table ronde avec Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre et Président du Conseil famille et société de la Conférence des Evêques de France. L’après-midi, les participants ont travaillé en petits groupes, en faisant remonter ensuite une conviction et une attente par rapport à la thématique de la journée. Plusieurs pistes ont ainsi été proposées pour donner une suite au travail, dont le résultat fera l’objet d’une nouvelle publication de la collection « Ensemble et Avec » de Justice et Paix.