Bachar Al-Assad est tombé après plus de vingt ans de terreur, de violences et d’atrocités. On ne peut que s’en réjouir.
Mais cette chute est l’annonce de bouleversements majeurs, en Syrie et dans toute la région.
Le pays est aujourd’hui divisé en plusieurs groupes dont les motivations et les appuis extérieurs sont tous différents.
D’abord les nouveaux maîtres, les forces d’opposition syriennes dirigées par Abou Mohammed Al-Joulani chef politique et militaire du groupe islamiste Hayat Tahrir al-Cham (HTC) qui occupent le centre de la Syrie. Nul ne sait encore s’ils ont changé, mais la nomination d’un premier ministre qui a formé un gouvernement provisoire en refusant d’y associer ses alliés de l’armée nationale syrienne n’est pas un bon signe, d’autant plus que nombre de militants du HTC citent comme exemple les talibans d’Afghanistan. Ils sont soutenus par la Turquie.
Ensuite les groupes kurdes, dans le nord-est à la frontière de l’Irak et de la Turquie, appuyés par les États-Unis et en conflit avec la Turquie.
Enfin les factions alaouites pro Assad, sur la côte ouest, liées à l’Iran et au Hezbollah libanais.
Et sans compter l’intervention d’Israël sur le Golan.
Le calme semble régner, mais la Syrie pourrait être confrontée à des troubles importants dans les mois qui viennent. Or comment ne pas penser à tous ses habitants, et tout particulièrement aux chrétiens, qui ne souhaitent que vivre en paix, dans un pays multiculturel.
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