Une femme à la tête du Dicastère pour le service du développement humain intégral
Ce premier septembre, sœur Alessandra Smerilli, prend ses fonctions de préfète du dicastère pour le service du développement humain intégral. Sa nomination par le pape Léon XIV avait été annoncée le 23 juin dernier, en même temps que celle du cardinal italien Fabio Baggio, 60 ans, avec le titre de propréfet, très engagé pour l’accueil des migrants et responsable du centre de formation Laudato si‘ du Vatican. Mgr Jozef Barlas, Slovaque, devient le nouveau secrétaire du dicastère. Alessandra Smerilli, salésienne italienne, née en 1974, succède ainsi au cardinal Michaël Czerny, âgé de 80 ans.
Alessandra Smerilli est une économiste, présente depuis des années au sein de la Curie à divers postes de responsabilité et d’enseignante dans les facultés pontificales. Elle est titulaire d’un doctorat en économie politique obtenu à la Sapienza de Rome et d’un doctorat en économie générale obtenu à l’université East Anglia au Royaume-Uni. Elle défend la conception d’une économie qui met le soin à la personne, le « prendre soin » au cœur des programmes socio-économiques, ce que l’on appelle « l’éthique du care ». Elle a coordonné la Commission Vaticane Covid-19 et avait préparé le rassemblement prévu sur l’économie selon François, annulé à cause de la pandémie. Elle est également engagée dans différentes commissions œuvrant pour la promotion des femmes dans la société et dans l’Eglise
Elle connaît bien le dicastère dont elle fut sous- secrétaire, puis secrétaire ad interim après le départ du Français Bruno-Marie Duffé. Elle se trouve désormais en charge de cet énorme dicastère, aux missions multiples : justice, paix, économie, social, environnement, santé, migrations, auquelles s’ajoute le dossier de l’intelligence artificielle mis sur le devant de la scène par la récente encyclique de Léon XIV .
Par cette nomination, Léon XIV s’inscrit dans la ligne du pape François. Alessandra Smerilli devient ainsi la troisième femme préfète d’un dicastère. Sœur Simona Brambilla, 60 ans, italienne missionnaire de la Consolata, fut nommée en janvier 2025 à la tête du dicastère chargé des Instituts de vie consacrée et des sociétés de vie apostolique. Maria Montserrat Alvarado, 39 ans, laïque, juriste et journaliste, née à Mexico et naturalisée américaine, a été nommée à la tête du dicastère pour la Communication ; elle prendra ses fonctions au 1er novembre, en succédant à un autre laïc Paolo Raffini. Parmi ces femmes exerçant une haute responsabilité au sein de la Curie, il faut bien entendu compter Sœur Nathalie Becquart, Xavière française, nommée en 2021 sous-secrétaire du Synode des évêques, avec droit de vote.
Ces nominations « poursuivent le processus de réforme et de renouvellement de la Curie romaine initié par le pape François », explique-t-on au Vatican où l’on souligne que le nombre de femmes travaillant à La Curie est passé de 19,3% à 26,1% sous le pontificat de François. Dont, désormais, trois « patronnes » de dicastère, sur 16.


