Cochabamba – Bolivie
Trois ou quatre fois par an ont lieu en Bolivie les journées nationales et départementales du piéton et du cycliste. En ce début de septembre, Cochabamba, 4ème ville du pays est une ville silencieuse et sans pollution atmosphérique des véhicules motorisés. Dans la journée, la population se promène le plus souvent en famille avec leurs enfants trop heureux de pouvoir occuper l’espace public pour jouer librement.
Après quelques semaines de vagues de froid et de neige sur les plateaux et les sommets andins [Le climat], nous connaissons la sécheresse et des journées ensoleillées. Commentant les effets du phénomène d’El Niño, les services météo prédisent le pire d’ici le mois de février prochain avec des conséquences sérieuses comme le manque d’eau dans les nappes phréatiques [El Niño]. A Cochabamba, siège du Parlement Sud-Américain, nous avons l’assurance de ne pas en manquer grâce au barrage de Misicuni dans le secteur de l’Illimani qui culmine à 5200m ; mais dans bien d’autres vallées andines, les autorités et les agriculteurs sont fortement préoccupés et prévoient le forage de puits à grande profondeur, une opération couteuse qui ne peut prétendre suffire aux besoins de la population. L’accès à l’eau devient problématique et son utilisation est très inégalement répartie, à considérer par exemple les besoins énormes des grands centres de traitement de données de la IA, comparé à ces millions de personnes de la planète qui n’ont même pas accès à l’eau potable !
La revue de presse bolivienne de ces dernières semaines permet de se faire une petite idée de l’actualité politique [pays à haut risque, selon l’UE], économique [Acccord avec le FMI] et sociale [Les ravages de l’exploitation minière] du pays. L’état d’exception de 3 mois devrait normalement expirer le 19 septembre, et sera probablement reconduit, en cas de menaces sérieuses des mouvements sociaux [Etat d’urgence], bien décidés pour quelques-uns à obtenir la démission des autorités élues depuis moins d’un.
Une partie importante de la population vit difficilement la crise, l’augmentation des prix, la fermeture de nombreux ateliers et de petites et moyennes entreprises dépendantes des produits d’importation et de la cotation du dollar. La pauvreté augmente depuis 2024 et la qualité de vie se détériore. Les lendemains qui chantent ne sont que des promesses qui ne se réaliseront pas avant 5 ou 10 ans aux dires des économistes. En attendant, de nombreux étudiants ou adultes s’expatrient [« des livres aux récoltes »] en quête d’un travail rémunéré qui leur permette de financer leurs études ou de nourrir leurs familles.





