Avec cette nouvelle publication Nouveaux modes de vie, l’appel de Laudato si’, c’est à frais nouveaux que les évêques du Conseil Famille et Société remettent sur le métier l’intuition de leurs prédécesseurs, en 1982, lorsqu’ils ont lancé un appel Pour de nouveaux modes de vie.

 

Il s’agissait alors de répondre, par un engagement personnel et collectif, aux conséquences d’ « une situation économique et sociale de plus en plus difficile dans un monde déstabilisé par la compétition internationale, la révolution technologique, le dérèglement du système monétaire. » Une parole totalement en phase avec ce que chacun peut constater aujourd’hui.

Et c’est donc bien pour cela que les évêques nous proposent de regarder le paysage social actuel, de faire des constats, d’en percevoir les possibles pour «  mieux vivre le temps, mieux consommer, mieux habiter l’espace… » Ce « mieux possible » est le leitmotiv de ce texte qui débouche, pour chacun des thèmes, sur un questionnement que chacun peut prendre en compte, mais dont les chrétiens, avec d’autres peut-être, pourront s’emparer pour honorer l’esprit de l’encyclique Laudato si’ invitant à mettre en acte ce développement intégral de l’homme qui fait la marque du pape François.

L’impact de l’environnement

Ce texte peut entraîner chacun à comprendre pour agir au bénéfice de cette question écologique qui appelle à «  un changement radical de nos styles de vie. » Ainsi les évêques, dans la préface, disent la nécessité de « prendre conscience de l’impact sur l’environnement de nos modes de consommation, de déplacement, d’habitat… » mais aussi de « la vie humaine et sociale qui se voit également atteinte », et donc de percevoir «  que cette question écologique pose aussi un défi d’ordre politique… »

Sept thématiques

Nous nous trouvons donc devant un travail de discernement de ce qui est bien souvent notre quotidien dans nos choix de vie sur les 7 thématiques présentées dans ce document : le temps, la consommation, l’argent, la production, l’espace, les besoins sociaux et la migration.  Il y a là un élargissement de la réflexion par rapport au texte de 1982, très marqué par le début d’une ère de chômage de masse.

C’est d’ailleurs ce thème qui structurait le texte de l’époque avec une réflexion qui entrait dans le débat public, notamment dans le monde syndical, sous le vocable du partage du travail. Appel que beaucoup vont entendre en faisant le choix de diminuer leur temps de travail tout autant que leurs revenus – autre thème du texte – pour se consacrer à des engagements dans la société ou dans l’Église.

Dans le concret

Chacune des thématiques est construite en 3 étapes : le constat de la situation, les nouveaux possibles, et les questions à se poser pour un changement de style de vie et pour « nous aider à découvrir la Création d’une manière nouvelle et ainsi revisiter le sens de notre présence dans cette maison commune qui nous a été donnée, » dit le texte.

Et lorsque l’on entre plus précisément dans la lecture, on voit apparaître des thématiques qui ont pris de l’ampleur dans nos vies ; ainsi dans le chapitre sur le temps, la question du temps libre est pensée autant que le temps de travail, d’où un appel à « un équilibre entre les différents temps – travail, engagements sociaux, vie familiale et loisirs. » Plus loin dans le chapitre   « Mieux consommer » sont évoqués autant l’alimentation que les déplacements avec leur fort impact sur l’environnement, les ressources énergétiques ou minérales.

Ce qui amène d’ailleurs une réflexion sur « mieux produire », « mieux habiter l’espace » qu’il soit urbain ou rural. Enfin, parce que la réflexion de Laudato si’ sait lier – « tout est lié » – les questions sociales aux questions environnementales, ce nouveau texte  appelle à « mieux répondre aux besoins sociaux », éducation, santé, et  migrations. L’accueil des migrants fait d’ailleurs l’objet d’un chapitre en soi, montrant par là que s’interroger sur du « mieux » pour vivre ensemble, c’est d’abord la nécessaire proximité avec les plus fragiles.

Ce qui fait dire, en tête de livre, à Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre et Président du Conseil Famille et Société de la CEF : « Comme le Saint-Père l’a fait, il veut inviter les chrétiens et tous les autres hommes, au réalisme et au courage pour élaborer des solutions qui garantiront la sauvegarde de la maison commune ».