En Méditerranée, les chiffres s’alignent, terrifiants. Ce 14 juin, 78 morts et des centaines de disparus. Selon l’Organisation Internationale des Migrations, depuis 2014, plus de 27 000 personnes ont disparu en Méditerranée.
Les mots se cherchent pour dire l’indicible. Pour sortir de la fatalité et de l’indifférence et pour remettre derrière ces chiffres, des noms, des visages, des histoires et des rêves d’hommes, de femmes, d’enfants qui pourraient être nos amis, nos frères, nos sœurs, nos enfants…
Et les responsables se cherchent aussi. Les passeurs, les garde-côtes, Frontex, les gouvernements… Oui, certes, peut-être sont-ils les responsables directs ou indirects des naufrages. Mais seules demeurent deux questions essentielles : pourquoi ces personnes quittent-elles, pour l’inconnu, leur pays et leur famille ? Et pourquoi sont-elles rejetées au point que leur exil en fasse la proie des marchands de mort ? Quand assumerons-nous notre responsabilité collective et individuelle ?
Alors que 750 personnes embarquaient sur un rafiot de fortune, dans le même temps, les lycéens de Terminale traitaient comme sujet de Bac : « Vouloir la paix, est-ce vouloir la justice ? ». Jusqu’à quand cette question essentielle restera-t-elle uniquement un sujet de philo ?
Télécharger La Lettre n°292 juillet-août 2023