1-Histoire du Soudan du Sud
Le Soudan du Sud est le plus jeune État du monde. Son histoire est profondément liée à celle du Soudan, avec des siècles de marginalisation politique, religieuse et économique qui ont conduit à deux longues guerres civiles puis à l’indépendance en 2011
Avant la colonisation anglo-égyptienne, contrairement au nord du Soudan, islamisé et arabisé au fil des siècles, le sud resta longtemps organisé autour de structures locales et des religions traditionnelles. Il était (et est toujours) habité principalement par des peuples nilotiques : les Dinka, les Nuer, les Shilluk, les Bari et d’autres groupes. Ces sociétés traditionnelles vivaient surtout de l’élevage, de l’agriculture et de la pêche.
Au 19e siècle, la région subit les raids esclavagistes venant du nord et la colonisation égypto-ottomane. Après la conquête britannique du Soudan en 1899 (les français se souviennent de la crise de Fachoda qui a éloigné définitivement la colonisation française de la région), Londres administra le pays avec l’Égypte dans le cadre d’un « condominium anglo-égyptien ». Mais les Britanniques gouvernèrent le nord et le sud différemment. Le nord fut davantage intégré au monde arabe et musulman alors que le sud fut administré séparément, avec une présence missionnaire chrétienne et l’usage de l’anglais.
À partir des années 1940, les Britanniques commencèrent à réunifier administrativement le Soudan, ce qui inquiéta les élites du sud qui craignaient avec raison une domination du nord se traduisant déjà par une exclusion politique du sud, des inégalités économiques, et la peur de l’islamisation et de l’arabisation. Un an avant l’indépendance du Soudan en 1956, des soldats sudistes se révoltèrent. Cette guerre opposa le gouvernement soudanais aux rebelles sudistes appelés « Anyanya ». Cette guerre fit des centaines de milliers de morts. Elle se termina en 1972 avec l’Accord d’Addis-Abeba qui accorda une autonomie au sud.
En 1983, le président soudanais Gaafar Nimeiry supprima l’autonomie du sud et imposa davantage la charia. Cela provoqua une nouvelle guerre menée par le SPLM/A (Sudan People’s Liberation Movement/Army) dirigé par John Garang. Cette guerre fut extrêmement meurtrière, avec plus de 2 millions de morts, des millions de déplacés, des destructions massives et la famine. S’était ajoutée aux questions ethniques la question du pétrole, massivement présent au sud et que le gouvernement central voulait gérer entièrement.
En 2005, le « Comprehensive Peace Agreement » mit fin à la guerre. Il reconnaissait au sud son autonomie, lui accordait une part des revenus pétroliers et prévoyait in fine un référendum d’autodétermination des populations du sud. En 2011, près de 99 % des votants choisirent l’indépendance. La République du Soudan du Sud naquit officiellement le 9 juillet 2011.
Le premier et toujours président fut Salva Kiir Mayardit, chef du SPLM depuis la disparition de John Garang dans un accident d’hélicoptère en 2005.


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