5-Déclaration du Conseil des Églises du Soudan du Sud
Déclaration sur la dégradation de la situation politique, sécuritaire et humanitaire au Soudan du Sud du Conseil des Églises du Soudan du Sud
9 mars 2026
Nous, responsables d’Églises et dirigeants du Conseil des Églises du Soudan du Sud (South Soudan Council of Churches – SSCC), nous nous sommes retrouvés aujourd’hui, tout particulièrement en cette période de Carême, qui est un temps de réflexion et de cheminement dans la foi, pour un appel à la repentance et au retour vers Dieu. Cela survient alors que notre nation se trouve à un carrefour décisif, et nous nous sommes réunis en tant que frères et sœurs, solidaires pour la paix.
L’année 2025 a été la pire, celle où notre peuple a perdu toute confiance face aux échecs répétés des dirigeants politiques et d’une poignée d’élites dans la mise en œuvre d’une paix véritable dans notre pays. Dans notre message de Noël de l’année dernière, nous avons exhorté nos dirigeants à mettre fin à toute forme de guerre, car il n’y a pas de victoire dans la guerre. Nous les avons exhortés à s’engager dans un dialogue sincère et authentique pour résoudre toutes les formes de conflit.
En tant que pasteurs, nous sommes profondément préoccupés par l’escalade de la violence, en particulier dans l’État de Jonglei et ailleurs dans notre pays, avec des combats intenses entre les forces gouvernementales (SSPDF) et les groupes d’opposition (SPLA-IO), ce qui menace de nous ramener à une guerre civile à grande échelle. Ces actions militaires ne seraient pas nécessaires si seulement nos dirigeants choisissaient le dialogue comme moyen de résoudre les différends politiques et sociaux dans notre pays. Cela a déjà coûté très cher à notre pays, avec des conflits violents généralisés, le déplacement de populations, la violation de dispositions clés en matière de sécurité prévues par l’accord de paix, et le risque d’un effondrement total du R-ARCSS 2018.
Nous rappelons donc à nos dirigeants que notre pays saigne depuis des décennies et que nos citoyens ont fait de lourds sacrifices, confrontés à de graves difficultés économiques, à des massacres et à la lutte pour joindre les deux bouts et gagner leur pain quotidien. Ce sont surtout nos femmes, nos mères, nos enfants, nos filles et nos garçons, ainsi que nos anciens qui en paient le prix et continuent de subir toutes sortes de conditions inhumaines.
Des enfants déplacés par les violences récentes dans l’État de Jonglei, au Soudan du Sud
© UNOCHA/Adedeji Ademigbuji
C’est pourquoi nous appelons notre président et les dirigeants du R-TGoNU :
- À donner une chance à la paix. Le Soudan du Sud a traversé des décennies de sacrifices et d’effusions de sang, plus de soixante-dix (70) années de souffrances, de déplacements, de morts et de destructions. Nous vous encourageons, vous les dirigeants, à faire tout ce qui est en votre pouvoir pour favoriser un dialogue inclusif, un véritable pardon, la guérison et la réconciliation dans notre pays.
- En cette période de Carême, que ce soit l’occasion d’une conversion des cœurs et d’une repentance, d’un rejet de la guerre par la cessation des hostilités, l’adhésion à la paix et le progrès de notre pays. Mettez fin à l’opération militaire en cours à Jonglei, en particulier aux ordres récents du commandement militaire de la SSPDF visant à mener ce qu’ils appellent la deuxième phase de l’opération à Akobo. Cela ne fera qu’accroître les souffrances humaines et les déplacements de nos propres populations, la crise humanitaire et la mort.
- Conduire le pays vers la stabilité, en libérant tous les opposants politiques, quelles que soient les accusations portées contre eux, qu’ils se trouvent en détention ou en attente de jugement à Juba, y compris le premier vice-président suspendu, le Dr Rick Machar, afin de favoriser un dialogue sincère et inclusif, ouvrant ainsi la voie à la guérison, au pardon, à la réconciliation et à la paix dans notre pays.
- De traduire en justice tous ceux qui se sont rendus coupables du meurtre de civils innocents, de femmes, d’enfants et de personnes âgées, y compris les autorités du comté d’Abiemnom, dans la zone administrative de Ruweng.
Nous remercions donc les communautés régionales et internationales ainsi que leurs dirigeants pour leur soutien constant et leur engagement sans faille aux côtés du peuple du Soudan du Sud en faveur de la paix. Le peuple du Soudan du Sud a beaucoup souffert et mérite de connaître la paix. Nous appelons également à une solution à la situation humanitaire désespérée par la fourniture d’aide humanitaire aux personnes les plus touchées par le conflit et les inondations.
Avec nos prières et dans un espoir inébranlable.
Télécharger le communiqué de presse (en anglais)

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© Vatican News